Frontalière de l'Ukraine, de la Biélorussie et de la Russie via Kaliningrad, la Pologne s'est imposée depuis 2022 comme la plaque tournante du soutien occidental à Kiev et comme le pivot oriental de l'OTAN. Le pays a accueilli plus d'un million de réfugiés ukrainiens et concentre désormais une part croissante du dispositif militaire allié sur le flanc est.
Varsovie investit massivement dans sa défense — plus de quatre pour cent du PIB en 2024, niveau inédit dans l'OTAN — et construit l'une des armées de manœuvre les plus puissantes d'Europe, à coup de commandes massives auprès des États-Unis et de la Corée du Sud.
Le retour de Donald Tusk au pouvoir en décembre 2023 a réorienté la diplomatie polonaise vers un rapprochement résolu avec Bruxelles et Berlin, sans rien céder sur la fermeté envers Moscou. Le débat reste vif sur l'équilibre à trouver entre alliance américaine, intégration européenne et défense des intérêts nationaux.
La Pologne cherche à transformer son nouveau poids militaire en influence politique européenne, en revendiquant un rôle accru dans la définition de la stratégie de sécurité de l'UE.
Le défi démographique — vieillissement accéléré, émigration vers l'Ouest — constitue à terme la principale fragilité. Il pèse sur la croissance potentielle et sur la soutenabilité de l'effort de défense.
Sur le plan politique, la polarisation reste vive et les recompositions ne sont pas stabilisées. Une alternance pourrait modifier sensiblement la posture européenne de Varsovie.