Sorti formellement de l'Union européenne en 2020, le Royaume-Uni cherche depuis à redéfinir une place dans l'ordre mondial qui ne soit ni celle d'un État membre, ni celle d'un simple partenaire commercial de l'UE. La doctrine du Global Britain, formulée en 2021, vise à projeter Londres comme une puissance globale connectée à l'Indo-Pacifique, au Commonwealth et à l'OTAN.
Cinq ans après le Brexit, le bilan est ambigu. Sur le plan diplomatique, Londres a démontré une réelle agilité, notamment dans le soutien à l'Ukraine où le Royaume-Uni a souvent devancé ses partenaires européens. Sur le plan économique, les promesses post-Brexit ont en revanche peiné à se matérialiser, et le PIB par habitant reste inférieur de plusieurs points à la trajectoire d'avant 2016.
Le retour des travaillistes au pouvoir en juillet 2024, sous Keir Starmer, marque une réorientation prudente : rapprochement contrôlé avec l'UE sans réintégration, maintien intégral de l'alliance américaine, accent sur la défense et le soutien à Kiev. La stratégie de sécurité publiée en 2025 confirme l'engagement vers les deux et demi pour cent du PIB pour la défense.
L'AUKUS, partenariat stratégique conclu en 2021 avec Washington et Canberra, demeure le pivot indo-pacifique de Londres. Le pacte commercial CPTPP, signé en 2023, complète ce dispositif, sans toutefois compenser sur le plan commercial l'éloignement européen.
Le déclin relatif de l'économie britannique constitue la principale fragilité stratégique. Une croissance atone, des services publics sous tension, une City fragilisée par la concurrence francfortoise et amstellodamoise : les marges budgétaires pour soutenir une posture de puissance globale se réduisent.
Sur le plan interne, la question écossaise reste latente, et le statut spécial de l'Irlande du Nord continue de générer des tensions périodiques avec Dublin et Bruxelles. La cohésion du Royaume reste un défi structurel pour la décennie.